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 la marmaille. (bo)

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MessageSujet: la marmaille. (bo)   Lun 3 Aoû - 10:09


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    « C'est vos enfants ? » Elle pointe devant elle le cadre de verre qui tient protégé un vieux cliché où s'affronte le sourire d'enfants et bas âge et celui de l'homme assit derrière son bureau. Il à l'air plus jeune, il a les traits moins tirés. Chaque semaine au beau milieu des silences, elle laisse son regard s'aventurer sur la photo, a elle elle lui parle. Elle hoche de la tête quand l'homme en blouse l'interroge, et les yeux ouverts en grand, elle observe les enfants qui jouent au ballon sur papier glacé. Une avalanche de souvenirs, peut-être placée ici pour faire parler les patients récalcitrants, soudain touchés par l'innocence des visages, la banalité des images. L'homme dépose devant lui ce stylo réglementaire dont il ne se sert jamais, croise les doigts, sans pour autant lâcher du regard cette poupée pas bavarde assise devant lui. « Tu veux parler de ton enfance Lula ? » Les lèvres pincées de l'homme se déforment pour dessiner un sourire qui manque grandement de naturel. Il semble se réjouir qu'elle ai entre-ouvert les lèvres, alors qu'au dessus de lui l'aiguille de l'horloge continue sa course, approchant sensiblement le moment où la jeune fille attrapera son sac sur le sol et s'en ira sans se retourner. Jusqu'à la semaine suivante. Elle hausse les épaules, se laisse tomber contre le dossier du fauteuil. Ce type à cette capacité désagréable à tout foutre en l'air. L'enfance, la famille, la douleur ou la passion. Ces choses qui s'accaparent l'âme et que lui s'obstine à vouloir faire sortir. Il ne parle jamais simplement, il emploie toujours des tournures de phrases particulières qu'il termine par des points d'interrogation. Sa faute à lui, si de nouveau elle se tait, si la sécu le paye pour fixer pendant presque une heure cette princesse qui s'obstine à garder le silence. Elle observe les photos ou ses doigts aux ongles rongés. Elle regarde l'heure en espérant que la trotteuse accélère sa course et la libère plus tôt. Alors elle pourra s'installer à l'arrière du camion acheté par son paternel, cette œuvre d'art sur roues capable d’accueillir Lula et toute la ferraille qu'elle traîne avec elle. A l'arrière elle pourra se taire et ne rien faire. Rien du tout.

    C'est l'homme qui soupire quand l'heure s'affiche sur la grande horloge et que la jeune fille récupère en souriant son sac resté échoué sur le sol. « A la semaine prochaine » qu'il laisse filer sans conviction. Lula pousse les portes, fait rouler son corps jusqu'au couloir, jette un coup d'oeil à la salle d'attente habitée par deux femmes d'un certain âge. Il n'est pas là. Dans la poche de son manteau, son portable sonne deux fois pour la prévenir que le père aurait du retard. Des bouchons ou un café avec les collègues qui aura prit plus de temps que prévu. La vérité c'est que Lula a finit par les apprécier, les moments où ses parents oublient de partir en avance. Au début, la mère attendait devant le bâtiment, elle apportait avec elle des dossiers à traité, qu'elle couvrait de stylo noir en écoutant fort l'autoradio. Maintenant elle s'autorise à rentrer après avoir déposé sa fille. Le fauteuil roulant glisse sur le trottoir, s'aventure le long du bitume. Pour ne pas changer, le parking est presque désert, traversé seulement par des hommes pressés à la cravate trop étroitement nouée. A l'endroit où le trottoir s'affine, la jeune fille roule et finit par rejoindre ce qui s'apparente le plus à la terre ferme. Elle va attendre ici, il n'aura plus qu'a se garer devant elle et l'installer à l'arrière. On la range comme on range un objet un peu encombrant. Alors ses mains maladroites fouille dans son sac et finissent par en ressortir un livre qu'elle pose sur ses genoux. La raison qui a retenu son père n'était peut-être pas un café, et puis elle déteste prendre le risque que les gens, en plus de poser un regard plein de pitié sur le fauteuil roulant, puisse lui lancer ce même regard qui veut dire un truc du genre « la pauvre petite handicapée ». Le regard perdu dans ses pages, elle ne peut surprendre personne. Pourtant, avant d'ouvrir la couverture cornée, elle porte une dernière fois le regard vers la porte du cabinet médical. Ca lui noue un peu le ventre, le souvenir des deux femmes âgées dans la salle d'attente. Elle s'attendait peut-être à autre chose, elle avait peut-être même finit par s'habituer à cette autre présence. Ses doigts agrippent à la couverture du livre. Si ça se trouve il ne viendra plus.

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MessageSujet: Re: la marmaille. (bo)   Lun 3 Aoû - 20:42


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Il ira pas. C’est avec cette conviction, clouée à son âme, qu’il ouvre les yeux pour fixer le plafond fissuré, les bras derrière la tête, un sourire qu’il veut vainqueur aux lèvres, quand son coeur bat la démesure. L’angoisse, il connait pas Bo, il a jamais su ce que c’était, pourtant y a un rouage qui a grillé quelque part, dans sa poitrine, qui rend le son de ses palpitations chaotique. Non, il ira pas. La conviction s’effrite un peu, les yeux qui balayent le papier peint dégueulasse, déchiré par endroit, des cernes qui alourdissent son regard, des rides d’inquiétudes qui viennent déjà faner sa peau encore jeune. Il refuse de sortir du lit, parce que la dernière séance l’a laissé chaos et que ses bleus à l’âme ont pas encore disparu, qu’il a peur d’avoir mal au moindre coup, au moindre effleurement. L’homme en blanc peut attendre, Bo se déplacera pas, c’est décidé, c’est plié, il refuse. Il abdique. Cet enfoiré lui a fait réalisé qu’il était plein d’eau, alors Bo il se dit que si on le secoue trop fort, ça va finir par couler et c’est pas beau à voir, un mec comme lui qui pleure. Ça fait pas comme dans les films, où on voit deux perles luisantes qui se perdent sur des joues tannées, où la voix tremble et les coeurs se gonflent de tendresse. Non, c’est pas comme ça. Quand Bo il pleure, pourtant c’est rare, y a des cris, des gouttes qui s’échouent sur le sol et menace la pièce d’un tsunami, le coeur qui se gonfle et coupe le souffle, le nez rouge et qui dégouline. C’est pas esthétique, alors Bo refuse de se rendre jusque là-bas, pour pas mouiller le canapé, pour pas user les mouchoirs et en vouloir définitivement à l’homme dans sa blouse, qui veut juste l’aider. C’est nouveau, ça vient de sortir, cet engouement pour sa petite personne et il est pas bien certain d’en avoir envie, de cette notoriété qu’il est pas capable de gérer. De toute façon, c’est pas comme s’il va pas foirer, à un moment ou à un autre, parce que Bo se connait, surement mieux que personne, alors il sait.. Il sait qu’arrivera, très vite, le jour où il commettra cette fameuse erreur qui pourrait l’envoyer loin, l’envoyer ailleurs, en enfer. Pour ce que ça lui fait; l’enfer, il y est déjà. Il s’y roule, il s’y complaît.
Les chiffres sur le réveil digital se métamorphose et ce qui était un trois, devient un quatre, dans un mécanisme qu’il peine à comprendre, épuisé de la lutte. Fatigué de vouloir vaincre, de vouloir anéantir et les efforts des autres et les battements douloureux de son palpitant. Il se tourne, encore, l’oreiller qu’il écrase entre ses bras marqués de coups, les muscles endoloris de se crisper constamment. Bo veut dormir, tout simplement, il cherchera une excuse plus tard, pour avoir manqué sa séance. Une excuse bien ficelée, qui risquera pas de lui faire perdre la face. Il aura qu’à plaider un besoin urgent d’un voisin, que son aide était indispensable, ça lui donnera fière allure et qui pourrait en vouloir à quelqu’un prêt à annuler un rendez-vous important pour aider un autre.. Oui, il dira ça. Mais maintenant qu’il y songe, maintenant qu’il envisage les possibilités qui s’offrent à lui en refusant de se rendre là-bas, de voir l’homme en blouse, il peut pas fermer les yeux. Ses paupières refusent de lui cacher le monde et la vie s’invite, depuis un moment déjà, à travers ses volets mal fermés. Bo est un peu perdu en réalisant que la journée a commencé sans lui, ne l’a pas attendu pour faire gazouiller les oiseaux, gronder les moteurs et faire péter les pots d’échappements.

Il ira pas..

Et c’est ce qu’il se répète en enfilant son jean et son t-shirt, le bras qui cherche machinalement la manche du mauvais côté, les pensées qui défilent, comme les minutes. C’est trop tard, de toute façon, il devrait y être depuis une bonne vingtaine de minutes maintenant alors il sourit. Il brille par son absence. C’est joli, ça sonne bien. Grimace au visage, la cigarette coincée derrière l’oreille, Bo a ce regard vague des gens qui se compliquent la vie, qui hésitent, qui tâtonnent et qui disent adieux à leurs convictions. Il s’y rend, finalement, vers le cabinet de l’homme qui parle peu mais qui parle bien, mais il se prépare déjà à charmer la secrétaire, à jouer d’un sourire tendre et désolé, lui jeter au visage une excuse qui transpire le mensonge. Le problème c’est que Bo est franc, alors avant même d’entrer dans le bâtiment, la tête baissée à fouiller ses poches pour s’armer d’un briquet qu’il fait tourner entre ses doigts, il sait qu’il va dire la vérité.. Acide, mais sincère. « Vous avez raté votre rendez-vous, Monsieur Svensson. » Rictus, coup de poing dans l’estomac. Monsieur, c’est son père et cet homme-là, Bo il le connaît pas. Il se mord la langue, appuie un coude sur le bord du comptoir, ses doigts qui pianotent sur un prospectus qui invite à la discussion de groupe, à l’ouverture des âmes, à la cohésion.. Conneries. Il hoche la tête. Il sait. « Pour quelles raisons ? » Il plante son regard terne, un peu vidé, dans celui éclatant de la jeune femme. « Par manque de raisons, justement.. Ou manque d’envie. » Il peut pas lui dire que c’est par peur, par douleur, mais elle a l’habitude, ça fait parti du processus qu’il l’entend marmonner et ça le surprend. Lui qui s’attendait à des cris, des menaces, reçoit un sourire compatissant et une petite carte de visite avec, au dos, une nouvelle date et un nouvel horaire pour le prochain rendez-vous. C’est tout ? crie son regard. C’est tout, répond le sourire sur les lèvres peintes de la femme qui l’envoie dehors, en se penchant pour accueillir le patient qui attend derrière Bo. C’est bien la première fois qu’il reçoit rien d’autre qu’un bout de carton salit d’une écriture penchée. Ça le laisse coi. Même la porte qui claque dans son dos ne parvient pas à le sortir de sa réflexion..
La seule chose qui arrive à le ramener dans le présent, c’est sa silhouette, menue mais qu’il devine si grande. Il voit pas le fauteuil, Bo, il la voit juste elle et la logique, au vu de son comportement envers elle, voudrait qu’il tourne les talons et rentre.. mais ses pieds, doués d’une volonté qui leur est propre, le guide jusqu’à elle. « Te fatigue pas, la fin te conviendra jamais. » Il la bouscule, sans même la toucher, sans même vraiment la regarder parce qu’il lève les yeux au ciel en allumant la clope qu’il coince entre ses lèvres. Ça la dérange, il le sait. Il pourrait lui foutre la paix et continuer sa vie comme avant, avant qu’elle n’y entre malgré elle, mais Bo il peut pas. Y a pas de raison particulière, juste un besoin pathologique d’être là où elle le veut pas.

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